Le "tapis Royal" ou bien "tapis des cités"

Le tapis royal est l'extrait de plusieurs familles de tapis venant de l'orient mélangée à celles qui résidaient déjà au Maroc ancien, c'est aussi l'association de l'architecture maroco-andalouse à l'art oriental, on y distingue les murailles, les portes de grands palais, les plafonds décorés les jardins, les riads ou patios, enfin les tapis parle de lui même, il est par tout cela unique en son genre, et garde son prestige princier et royal...

Tapis royal genre Rabat: Représente la dernière création en matière de tissage de tapis marocain, 100% laine: chaîne, trame et noeuds, un superbe contraste de couleurs, centré par un bleu roi, médaillon "étoile de Salomon" au centre, arcades sur les bordures inférieur et supérieur, le médaillon lui même centré par le dessin "limouna" ou l'orange, minimum de 160.000 n/m², le meilleur pour un salon, salle à manger...

Synonyme de finesse et de richesse, le tapis de Rabat est l'expression d'un art rarement égalé qui en a fait une référence mondiale, parmi les tapis de laine. Les plus anciens ont valeur de pièces de collection.
D'origine citadine, les tapis de Rabat sont moins anciens que ceux issus des régions berbères. Un grand doute subsiste quant à leurs origines. Et comme à chaque fois que la vérité historique fait défaut, la légende s'y substitue. Ainsi ce serait une cigogne venue d'orient qui aurait laissé choir quelques fragments aussitôt reproduits par les femmes de la ville. Un grand doute subsiste quant à leur origine.

En fait deux thèses existent. Pour les uns, le tapis r'bati trouverait sont origine lointaine en Asie Mineure. Pour d'autres, ce seraient les musulmans d'Andalousie venus s'installer sur les rives du Bou Regreg après la Reconquista qui en auraient importé les motifs et les techniques de fabrication. Mais au fil des siècles, ils se sont modelés aux critères esthétiques du pays, avec une nette inspiration orientale. Les modèles les plus anciens remontent au XVIllème siècle et ce sont les seuls tapis marocains dont les motifs diffèrent diamétralement des tapis berbères.
Rabat a toujours été la capitale du tapis au Maroc. Le tapis de Rabat (fabriqué également à Salé et dans d'autres centres) s'est fait une réputation égale à celle des tapis d'Orient, et la bourgeoisie marocaine, même lorsqu'elle se détourne des autres objets artisanaux, reste attachée aux tapis.

Il y a environ six mille métiers à tisser en activité dans la région, dans les coopératives artisanales, ou chez les particuliers. Le tapis de Rabat est fait par les femmes, au point noué, sur des métiers de haute lisse. Pour un grand tapis, deux ou trois ouvrières peuvent travailler un même métier. Elles ont devant elles un modèle sur papier quadrillé. Parfois, elles connaissent les motifs par cœur.
Les laines viennent du Maroc, de la France et d'Australie. Dans les coopératives, on utilise un mélange des trois. On travaille avec des brins de deux ou trois fils retordus selon l'épaisseur souhaitée.

La coopérative classe les tapis en quatre qualités, appréciées en fonction de la solidité du tapis et du respect des modèles traditionnels. Plus le point est serré, plus le tapis est résistant, beau et cher. On distingue les qualités :
• extra-supérieure : 40/40 ou 160 000 points noués au mètre carré.
• supérieure : 30/30 ou 90 000 points noués au mètre carré.
• moyenne : 25/25 ou 62 000 points noués au mètre carré.
• courante : 20/20 ou 40 000 points noués au mètre carré.
Les laines brutes sont teintes avec des colorants chimiques, ou achetées déjà teintes. Les laines non teintes ont un ton blanc chaud ou crème très attrayant. Les tapis de Rabat sont de dimension moyenne. Mais on en fabrique également de grandes dimensions jusqu'à dix mètres de long sur sept ou huit de large). Ce sont alors des pièces rares, impressionnantes, véritables parterres colorés et fleuris, féériques jardins de laine. Ces tapis ont peut-être une lointaine origine orientale, comme le prouverait une légende qui raconte qu'un jour une cigogne a laissé tomber dans un patio de Rabat un fragment de tapis d'Orient qui a servi de modèle initial. Mais ils ont, dans leur diversité, un style unique et une esthétique spécifique dans la tradition hispano-mauresque que les amateurs reconnaissent immédiatement. Ils sont de dominante rouge (à base de cochenille ou de garance). De nos jours, on utilise des rouges vifs chimiques.

Ils se distinguent des tapis d'Orient par leurs larges surfaces unies parsemées de motifs. Ils n'ont pas le rythme continu, le miroitement, le changement incessant des tapis persans ou des kilims turcs. Au contraire, l'ensemble donne une impression de grande tranquillité. Leur décoration se compose essentiellement d'un motif floral stylisé dans un grand losange central. Les nouveaux modèles sont parfois parsemés de petites fleurs ou de petits animaux colorés. Le tapis est toujours encadré de deux ou trois cadres, bandes dans lesquelles se répètent des motifs apparentés mais pas toujours similaires à ceux du centre. Pour qu'un tapis soit agréable à l'œil, il faut que ses couleurs, quelle que soit leur variété, s'intègrent agréablement.

Tapis royal Fès: Très connu par la finesse de son accomplissement, la grande attention que nous montre l'harmonie de ses couleurs, représente l'autre face du royal marocain, la première école même, qui est l'origine du tapis royal, 100% laine: chaîne, trame et noeuds, le prestigieux Fès garde ses propres motifs, en plus de ceux qu'il partage avec le Rabat, dans cette qualité, il est aussi meilleur que le Rabat, une ancienne technique de travail, très serrée, qualité de teintures, laine, 160.000 n/m², le meilleur pour un salon, salle à manger...

Variante de Rabat
Dans sa composition, cette variante reproduit la configuration du champ du tapis de Rabat. L'encadrement est fort bien affirmé, le centre est occupé par un médaillon central et le champ est garni de motifs divers : l'akchaouche
Les motifs, pour leur part, restent dans leur grande majorité identiques à ceux relevés sur le tapis de Rabat et les couleurs employées puisent dans la gamme des coloris employés par les tisseuses de Rabat .
Toutefois, le serrage de certains tapis de Fès d'inspiration Rabat est plus fin, ce qui permet l'obtention de dessins plus arrondis et l'élaboration de motifs plus complexes.
Le médaillon central est très travaillé il est garni de motifs sous forme de fleurs et de feuillage; Les tisseuses de Fès abandonnent, parfois, la composition classique du médaillon central au profit d'une composition de médaillons multiples, occupant les angles du champ à la place des écoinçons. Parfois, elles reprennent un motif garnissant les bandes pour le reproduire sur tout le champ du tapis donnant par là même une grande stabilité au tapis
En matière de coloris, les tisseuses de Fès essayent de démarquer leur tapis de ceux de Rabat, en introduisant des couleurs pastels ou ternes. Malgré toutes ces tentatives, beaucoup de personnes se refusent d'utiliser le terme de tapis de Fès. C'est sans doute ce qui a poussé d'autres tisseuses de Fès d'avoir beaucoup plus d'imagination et de créativité pour tenter l'élaboration d'un modèle bien démarqué d'où la variante locale.

Histoire des tapis de Fès
Le tissage du tapis à Fès, sur des bases organisées et en quantité, n'a commencé qu'avec le début du siècle. Pour leur consommation personnelle, les familles utilisaient des tapis produits localement, aussi bien que des tapis de Rabat ou en provenance extérieure. Fès a, dès sa fondation, entretenu des relations commerciales avec des pays lointains produisant un artisanat de luxe (broderie, soieries, passementerie...).

A Fès, les tisseuses ne semblent pas s'être intéressées particulièrement au tissage des tapis dans le passé. La production du tapis à Fès a évolué à travers trois étapes importantes caractérisant ainsi le tissage dans cette ville.

Dans les années 1920 on comptait deux fabriques de tapis importantes (dont la Maquina, atelier géant, ancienne fabrique d'armes). Mais déjà à cette époque, les tapis réalisés étaient une reproduction de tapis de Rabat, ceci pour répondre, essentiellement, à une demande locale croissante.

Le nombre d'ateliers crées, ira en augmentant pour faire face à la demande croissante du marché français, surtout après le succès suscité par les tapis marocains à l'exposition artisanale organisée à Paris en 1917.

Cependant, la commercialisation du type de tapis produits connaissait un grand succès.Ainsi, en 1962, il n'existait à Fès, pour la production des tapis qu'une seule usine et une coopérative de production et d'emploi relativement faibles par rapport à la situation antécédente.

Les choses ne vont commencer à changer qu'à partir de la fin de la décennie 1970 et le début des années 1980. A partir de cette période, on assiste à l'apparition de modèles de création locale faisant référence au décor des charpentes en bois, et au Zellij de Fès. Par ailleurs, Fès adapte à son goût aussi bien le tapis de Rabat que des modèles de tissage de différents horizons. Enfin, Fès semble actuellement se spécialiser dans la reproduction et l'imitation de tapis fins et à motifs complexes empruntés à l'Iran, au Pakistan, à la chine, la Turquie, l'Inde et au Népal.

Le serrage des tapis de Fès est aujourd'hui le plus élevé du Maroc atteignant parfois 50 nœuds au décimètre linéaire et parfois même plus. La production à lieu, aussi bien dans les ateliers d'envergure de plus en plus importants, qu'au niveau d'ateliers plus petits appartenant à des tisseuses ou anciennes Maâlmas. Aujourd'hui, la production en métrage estampillée à Fès arrive au quatrième rang national après Rabat-Salé, Tanger et Kénitra. Quand à la commercialisation de ce tapis, elle se fait essentiellement à travers les principales villes touristiques du Royaume.

Pour la production des motifs, les tisseuses de Fès utilisent des plans et des mises en carte minutieusement établis. L'élaboration de plans ne se limite pas tout le temps à une simple reproduction, mais elle peut inclure, exclure ou remplacer les éléments de décor puisés, parfois, dans le répertoire des motifs traditionnels marocains. De la réussite du thème dépendra, alors, la valeur artistique de la pièce qui peut prendre l'allure d'une reproduction boiteuse, ou devenir un chef-d'œuvre. C'est cette qualité que revendique les tisseuses de Fès pour leur compte.